De l’usine aux ruches
Tout a commencé presque par hasard. Avant de devenir apicultrice, Mauricette Anesa travaillait à l’usine. Son mari, lui, possédait quelques ruches pour le loisir, uniquement par passion. Elle lui donnait quelques coups de main, et petit à petit, pour elle aussi, la passion s’installe. Alors en 2005, elle franchit le pas, quitte son travail et fait de l’apiculture son métier à part entière.
Les premières années, pour écouler leur production, le couple arpente les foires locales, les salons, les marchés, tous les événements « où passe du monde ». C’est lors du Trophée Pascal Caffet, à Troyes, que Nicolas Bernardé goûte pour la première fois leurs miels. Il fait une promesse : « Quand j’aurai ma boutique, j’achèterai vos miels. »
« Et bien, il a tenu sa promesse ! » se réjouit Mauricette.

Le règne des fleurs
Au Rucher du Grand Jardin, la production est multiple. Mauricette propose du miel toutes fleurs de printemps et d’été, mais aussi du miel de sarrasin — puissant, sombre, presque malté — et du miel de tilleul, aux notes fraîches et mentholées.
Quant à l’acacia, il est l’exception précieuse : très demandé, il est hélas horriblement difficile à récolter dans les plaines champenoises. « Les abeilles ne butinent presque pas en dessous de dix degrés, et les fleurs d’acacia, très précoces, sont parfois passées quand les abeilles sortent de la ruche » explique Nicolas. Et encore, si les gelées printanières ne s’en mêlent pas ! Quand Mauricette parvient à en produire, elle en réserve toujours une partie à Nicolas.
Dire bonjour aux abeilles
« Une abeille ne produit que quarante à cinquante grammes de miel dans toute sa vie. » Ce chiffre, le pâtissier le répète volontiers pour rappeler ce que chaque pot représente. On sent dans son discours à quel point l’apicultrice a su lui transmettre le respect unique qu’elle porte aux abeilles : « Lorsque je rends visite à Mauricette, avant toute chose, elle m’emmène dire bonjour aux abeilles. On pose les mains sur les ruches, on leur parle : « Bonjour, je suis Nicolas, je viens vous prendre votre miel. Je vous remercie les filles, vous faites un travail remarquable. » Si elle sont bien traitées, elles ne sont pas agressives. » Il fait confiance à Mauricette, et ne s’est jamais fait piquer.
Cette marchandise est donc rare, et longtemps l’apicultrice a refusé tout transport par transporteur : Nicolas faisait le trajet en voiture, pour rapporter plusieurs centaines de kilos.
« Le trajet valait le coup, car tout l’amour qu’elle donne à ses abeilles, on le retrouve dans les gâteaux que nous fabriquons. » commente le pâtissier.

La madeleine de La Garenne
Depuis leur première rencontre, Nicolas Bernardé n’a jamais cessé de s’approvisionner auprès du Rucher du Grand Jardin. C’est un magnifique exemple de l’application des valeurs de fidélité, d’entraide et de coopération chères aux Relais Desserts. Des années après les débuts de leur relation, les commandes de Nicolas sont toujours aussi importantes pour Mauricette, le pâtissier en a conscience.
A l’autre bout de la chaîne, dans la pâtisserie de la Garenne Colombe, les miels de Mauricette trouvent deux destinées : certains sont vendus en pots, d’autres sont intégrés dans les recettes — notamment le nougat au miel, ou les madeleines.


La transmission
Aujourd’hui, Mauricette est à la retraite. C’est son fils Stéphane qui a repris l’exploitation au quotidien. Mais elle continue de lui donner un coup de main, attachée à ses ruches, plus que jamais. Les miels, eux, sont disponibles en commande directe par téléphone, et expédiés dans toute la France. Ils sont également disponibles dans certains commerces de Chaumont.
Stéphane Descharmes
Le Rucher du Grand Jardin
Rue du lavoir
52700 Signéville
Mob. : 06.71.18.57.90
